IV. Internazionala etiketadun mezuak erakusten. Erakutsi mezu guztiak
IV. Internazionala etiketadun mezuak erakusten. Erakutsi mezu guztiak

astelehena

Les tâches du prolétariat pendant la guerre (Rudolf Klement)

 

Article, écrit sous le pseudonyme de W(alter) St(een), publié dans "Quatrième Internationale"* (juin 1938) "Je recommande le plus chaleureusement possible cet article à l’attention de tous les camarades. Comme il ne contient aucune polémique 'interne', il peut et doit, à mon avis, être reproduit dans toutes nos publications. L’excellent article du camarade W. St. montre une fois de plus que de nouveaux cadres marxistes très sérieux ont grandi chez nous." (Trotsky Œuvres, t. 16, pp. 114-5)

(*) Ikusi: http://www.association-radar.org/IMG/pdf/01-004-00009.pdf

 

    PROLETALGOAREN ZEREGINA GERLAN —

Les tâches du prolétariat pendant la guerre

Rudolf Klement

"Quatrième Internationale", revue mensuelle publiée par le Comité Central du Parti Ouvrier Internationaliste ( Bolchevik-Léniniste ) — Section Française de la IVe Internationale. (juin 1938)

Un compte rendu du livre The Case of Leon Trotsky paru dans le premier numéro de Der einzige Weg[*] cite l'intéressante déclaration suivante du camarade Trotsky sur la différence entre les tâches du prolétariat, dans le cas d’une guerre entre la France et l’URSS d’une part, et l’Allemagne et le Japon d’autre part :

« TROTSKY : La réponse à cette question (Que doit faire le prolétariat français pour défendre l’URSS dans une guerre, où la France serait l’allié de l’URSS ? — w. st. )   a été donnée plus ou moins dans la thèse «La IVème Internationale et la guerre», en ce sens : en France je resterais en opposition au gouvernement et développerais cette opposition systématiquement. En Allemagne et au Japon je ferai tout ce que je pourrais pour saboter la machine de guerre. Ce sont deux choses différentes. En Allemagne et au Japon, j’appliquerais des méthodes militaires tant que je serais capable de lutter, je contrarierais le fonctionnement de la machine militaire du Japon, je lui porterais des coups, je la désorganiserais, en Allemagne comme au Japon. En France il s’agit de l’opposition politique à la bourgeoisie, et de la préparation à la révolution prolétarienne. Les deux sont des méthodes révolutionnaires. Mais en Allemagne et au Japon mon but c’est la désorganisation de tout l’appareil. En France mon but c’est la révolution prolétarienne...

GOLDMAN (l’avocat de Trotsky) : Supposez que vous ayez la possibilité de prendre le pouvoir pendant une guerre, en France, le préconiseriez-vous, si vous aviez la majorité du prolétariat ?

TROTSKY : Naturellement... »

Dans le cadre d’un compte rendu, il était naturellement impossible de développer les problèmes généraux de la lutte révolutionnaire contre la guerre ou même de faire la clarté théorique sur la question particulière posée par cette déclaration isolée, pour ainsi dire improvisée et forcément incomplète. Puisque cette citation a pourtant amené à des fausses interprétations et même à des déformations malveillantes (on prépare l’Union Sacrée en France, on abandonne le défaitisme révolutionnaire, etc...) nous voudrions apporter ici les précisions nécessaires.

En ce qui concerne les principes de la lutte révolutionnaire contre la guerre et pendant celle-ci, nous nous contenterons de renvoyer aux thèses sur la guerre adoptées en mai 1934 par le Secrétariat International de notre mouvement, qui depuis cette date sont un des documents programmatiques les plus importants des bolchéviks-léninistes, et dont l’actualité est plus grande de jour en jour.

En ce qui concerne plus particulièrement la question en discussion, le camarade Trotsky fait dans sa déclaration allusion au passage suivant des 
thèses sur la guerre :

44.   Restant le défenseur résolu et intrépide de l’Etat ouvrier en lutte contre l’impérialisme, le prolétariat international ne devient pas, pourtant, l’allié des alliés impérialistes de l’URSS. Le prolétariat d’un pays capitaliste qui se trouve en alliance avec l’URSS maintien pleinement et entièrement son hostilité implacable à l’égard du gouvernement impérialiste de son propre pays. En ce sens, il n’y a pas de différence avec la politique du prolétariat d’un pays en lutte contre l’URSS. Mais dans le caractère des actions pratiques, il peut se trouver des différences considérables, provoquées par la situation concrète de la guerre. Il serait, par exemple, absurde et criminel, en cas de guerre entre l’URSS et le Japon, que le prolétariat américain sabote l’envoi d’armes américains pour l’URSS. Cependant des actions de cette sorte — grèves, sabotages, etc... — seraient absolument obligatoires pour le prolétariat d’un pays en lutte contre l’URSS.

45.   L’opposition prolétarienne implacable contre l’allié impérialiste de l’URSS devrait se développer sur le terrain d’une part de la politique de classe à l’intérieur, d’autre part des buts impérialistes du gouvernement donné, du caractère perfide de son "alliance", de sa spéculation sur un coup d’Etat bourgeois en URSS, etc. La politique du parti prolétarien dans un pays impérialiste, "allié" comme "ennemi", doit, par conséquent, tendre au renversement révolutionnaire et à la prise du pouvoir. C’est seulement sur cette voie qu’on peut créer une alliance véritable avec l’URSS et sauver le premier Etat ouvrier de son effondrement."

Les guerres de ces dernières années ne représentent pas une lutte directe entre des puissances impérialistes, mais des brigandages coloniaux (Italie-Abyssinie, Japon-Chine) ou des luttes pour des sphères d’influence (Chine, Chaco, à certains égards aussi l’Espagne) et n’ont pour cette raison pas encore dégénéré, pour le moment, en conflit mondial. Hitler espère partir demain à l’assaut de l’URSS de la même manière que le Japon aujourd’hui contre la Chine, c’est-à-dire, en changeant le rapport des forces impérialistes, sans léser directement des intérêts essentiels les autres impérialismes, et en localisant ainsi temporairement le conflit. Or les événements survenus depuis 1934 ont clairement démontré que les thèses citées restent valables pour l’attitude du prolétariat des pays impérialistes non seulement dans la guerre antisoviétique mais encore dans toutes les guerres où il doit prendre parti, et c’est précisément de telles guerres dont il s’agissait surtout ces dernières années.





La guerre n’est qu’une continuation de la politique par d’autres moyens. Le prolétariat doit donc continuer sa lutte de classe aussi en temps de guerre entre autres, par les moyens nouveaux, que lui remet la bourgeoisie. Il peut et doit exploiter dans les pays impérialistes l’affaiblissement de sa propre bourgeoisie par la guerre, pour préparer et accomplir sa révolution sociale et pour prendre le pouvoir, sans égard à la défaite militaire qui peut résulter à un moment donné de cette lutte. Cette tactique, connue sous le nom de défaitisme révolutionnaire, qui peut et doit être réalisé internationalement, constitue à notre époque l’un des plus solides leviers de la révolution prolétarienne mondiale et par là du progrès historique.

Cependant, partout où la lutte n’est impérialiste que de l’un des côtés, et est de l’autre une guerre libératrice de nations non-impérialistes contre l’oppression impérialiste existante ou menaçante, ainsi que dans les guerres civiles entre les classes ou entre la démocratie et le fascisme, le prolétariat national et international ne peut pas appliquer une seule et même tactique envers les deux camps ; il doit reconnaître le caractère progressif de ces luttes libératrices, lutter résolument contre l’ennemi principal, l’impérialisme réactionnaire, (ou dans une guerre civile, contre le camp le plus réactionnaire), c’est-à-dire pour la victoire des opprimés ou de ceux que menace l’oppression sociale (ou politique) : l’URSS, les pays coloniaux et semi-coloniaux comme l’Abyssinie et la Chine, d’autre part l’Espagne républicaine, etc... En agissant ainsi, le prolétariat reste toujours conscient de son opposition implacable de classe envers sa propre bourgeoisie, conscient de son opposition politique à la bureaucratie soviétique; et il n’abandonne sans résistance aucune de ses positions indépendantes. De même que dans les pays impérialistes, il aspire de toutes ses forces à la révolution sociale et à la prise du pouvoir, à l’instauration de sa dictature — lutte qui seule d’ailleurs rend possible une victoire sûre et durable sur les impérialistes. Mais ici il ne peut et ne veut pas rechercher la victoire révolutionnaire comme dans les camps impérialistes, au prix de la défaite militaire, mais par la voie de la victoire militaire de son pays.
[1]

La lutte de classe et la guerre sont des phénomènes internationaux qui ne peuvent se résoudre qu’internationalement. Chaque lutte n’admettant que deux camps (bloc contre bloc) et la mêlée impérialiste se mélangeant à la guerre des classes (impérialisme mondial contre prolétariat mondial), il se crée des situations multiples et complexes. Les bourgeoisies des pays semi-coloniaux ou la bourgeoisie libérale menacée par son "propre" fascisme, en appel à l’aide des impérialismes "amis" ; l’Union soviétique par exemple, tente d’utiliser les antagonismes entre les impérialismes, en concluant des alliances avec un groupe contre un autre, etc... Le prolétariat de tous les pays, seule classe internationalement solidaire et, aussi pour cette raison la seule progressive, se trouve de cette manière en temps de guerre, surtout pendant la nouvelle guerre mondiale, dans la situation complexe de devoir combiner le défaitisme envers sa propre bourgeoisie et le soutien de guerres progressives.

Cette situation est véhémentement exploitée dès maintenant et le sera plus encore demain par les social patriotes de nuance social-démocrate, stalinien ou anarchiste, afin que les prolétaires se fassent massacrer au profit du capital, avec l’illusion d’aider leurs frères d’URSS, de Chine, etc... Elle sert également aux social-traîtres pour représenter les révolutionnaires non seulement comme des "traîtres à leur patrie", mais encore comme des "traîtres à la patrie socialiste" (comme aujourd’hui ils sont traités de complices de Franco). Dans cette situation apparemment contradictoire, le prolétariat avant tout des pays impérialistes, a besoin d’une compréhension particulièrement claire de ces tâches combinées et des méthodes pour les réaliser.

En ce qui concerne l’application du défaitisme révolutionnaire contre la bourgeoisie impérialiste et son Etat il ne peut y avoir de différence fondamentale, quelque soit l’attitude de celle-ci envers la cause soutenue par le prolétariat, qu’elle soit "amie" ou ennemie, qu’elle se trouve en alliance — perfide — avec les alliés du prolétariat (Staline, la bourgeoisie des pays semi-coloniaux, les peuples coloniaux, le libéralisme en lutte contre le fascisme), ou bien mène la guerre contre eux. Les méthodes du défaitisme révolutionnaire restent invariablement : propagande révolutionnaire ; opposition irréductible envers le régime ; lutte de classe depuis la forme purement économique (grève) à la forme politique la plus développée (insurrection armée) ; transformation de la guerre impérialiste en guerre civile (fraternisation des soldats).

La défense internationale des Etats prolétariens, des peuples opprimés combattant pour leur liberté et le soutien international de la guerre civile antifasciste, les armes à la mains, doivent cependant par leur nature même revêtir des aspects différents, selon le fait que la bourgeoisie d’un pays donné se trouve temporairement à leurs côtés ou mène une guerre contre eux. A part la préparation politique de la révolution sociale, dont le rythme et les méthodes ne coïncident nullement avec ceux de la guerre, cette défense doit prendre, par la nature des choses, des formes militaires. Elle consiste par conséquent, en plus d’un soutien révolutionnaire, à appuyer militairement la cause progressive, et à nuire militairement à son adversaire impérialiste.

Le soutien militaire de la cause progressive ne peut évidemment atteindre une envergure systématique et décisive que là ou le prolétariat lui-même tient entre ses mains le levier du pouvoir et de l’économie. Dans les pays impérialistes alliés aux pays menant des guerres progressives ou révolutionnaires l’affaire se résoud à ce que le prolétariat lutte par des moyens révolutionnaires pour un soutien militaire efficace, direct, contrôlé par lui, de la cause progressive (les ouvriers français criaient : "Des avions pour l’Espagne"). En tout cas il doit favoriser et contrôler le soutien effectivement accordé, serait-ce au prix d’une "exception" à la lutte de classe immédiate.
[2]

A l’instinct prolétarien et à la clairvoyance révolutionnaire qui connaît et distingue bien les tâches, de prendre en chaque situation concrète la décision juste, évitant aussi bien de nuire aux intérêts militaires de ses lointains alliés pour des considérations de lutte de classe nationales étroites, si révolutionnaire que soit leur apparence, que de faire les affaires impérialistes de son "propre" impérialisme sous prétexte de les aider. La seule aide véritable et décisive, les ouvriers l’apporteront à leurs alliés après la prise révolutionnaire du pouvoir et grâce à celle-ci.

La lutte du prolétariat d’un pays impérialiste qui se trouve en lutte immédiate et directe contre la cause progressive se déroulera tout autrement, au moins en ce qui concerne la forme extérieure de la lutte. Son devoir c’est, outre la lutte pour la révolution, le sabotage militaire (espionnage, terreur, explosions, "trahison militaire", soutien de détachements qui envahissent l’arrière de sa "propre" armée, etc., etc...) en faveur de "l’ennemi", c’est-à-dire l’ennemi de sa bourgeoisie, mais l’allié du prolétariat. Comme facteur du défaitisme révolutionnaire dans la lutte entre des pays impérialistes, le sabotage militaire, tout comme la terreur individuelle, est tout à fait inapte. Sans remplacer la révolution sociale ou même l’avancer d’un pouce, il ne ferait qu’aider un impérialisme contre l’autre, égarer l’avant-garde, semer des illusions dans les masses et faciliter ainsi le jeu des impérialistes.
[3] Par contre le sabotage militaire s’impose impérieusement comme mesure immédiate de défense du camp en lutte contre l’impérialisme et, par là progressif. Comme tel il est compris, salué et appuyé par les masses. La défaite de son "propre" pays devient ici un moindre mal dont il faut prendre son parti (moindre mal par rapport à une "victoire" payée par l’union sacrée et par la renonciation à la révolution), le but immédiat, la tâche de la lutte prolétarienne. La défaite de son "propre" pays ne serait dans ce cas pas un mal du tout, ou un mal beaucoup plus facilement accepté, puisqu’elle signifierait la victoire commune d’un peuple libéré du joug impérialiste existant ou en instance de menace, et du prolétariat de son ennemi sur le négrier commun, le capital impérialiste. Une telle victoire serait un puissant point de départ pour la révolution prolétarienne internationale dans les pays impérialistes, dans laquelle les pays "amis" ne seraient pas les derniers à entrer.[4]

Nous voyons comment des situations de guerre différentes exigent du prolétariat révolutionnaire des différents pays impérialistes, s’il veut rester fidèle à sa nature et à son but, des formes de luttes différentes, qui peuvent apparaître aux esprits schématiques être des "déviations" du principe fondamental du défaitisme révolutionnaire, mais qui en réalité ne résultent que de la combinaison du défaitisme révolutionnaire avec la défense de certains camps progressifs.

Vus sous l’angle historique supérieur, ces deux tâches d’ailleurs coïncident : en notre époque impérialiste, la bourgeoisie nationale des pays non-impérialistes — de même la bureaucratie soviétique — sont incapables, de peur de la classe ouvrière internationalement mûre pour la révolution et pour la dictature prolétarienne, de mener une lutte énergique contre l’impérialisme. Elles ne peuvent oser en appeler aux forces du prolétariat et sollicitent, à un certain stade de lutte, inévitablement l’aide de l’impérialisme contre leur "propre" prolétariat. La libération complète des nations coloniales et semi-coloniales du joug impérialiste, la protection des pays coloniaux de l’esclavage total, et celle de l’URSS de la destruction et de l’anarchie intérieur et extérieur, la défense de la révolution bourgeoise-démocratique, l’échec au fascisme, toutes ces tâches ne peuvent être résolues nationalement et internationalement que par le prolétariat exclusivement; leur réalisation s’interpénètre d’une façon naturelle avec la révolution prolétarienne. La future guerre mondiale sera à la fois la plus gigantesque et la plus meurtrière de toutes les explosions de l’Histoire, mais fera éclater en même temps toutes les entraves traditionnelles, et fondra dans son foyer les mouvements révolutionnaires et libérateurs du monde entier en un seul torrent de feu.

Exposer au prolétariat dès maintenant très clairement les problèmes de la future guerre et les tâches complexes qu’ils posent; cette tâche sérieuse difficile est la plus pressante de nos jours. Seuls les bolchéviks-léninistes ont pris sur eux d’armer le prolétariat pour ses luttes et de lui forger l’instrument avec lequel il arrachera ses victoires futures : le programme, les méthodes, l’organisation de la IVème Internationale.

Décembre 1937.

W. St. [Rudolf Klement ]

 

Il va de soi que le sabotage militaire en faveur des adversaires non-impérialistes de sa propre bourgeoisie ne doit pas s'étendre sur ses alliés impérialistes. Les prolétaires allemands par exemple, chercheront à désorganiser militairement le front oriental, à aider l'URSS ; mais pour le front occidental, où sévirait une guerre purement impérialiste entre l'Allemagne et la France alliée à l'URSS, la "seule" règle qui sera en vigueur sera celle du défaitisme, pour le prolétariat allemand aussi bien que français.

Lénine écrit le 26 juillet 1915 (Contre le courant) en polémisant contre le faux mot d’ordre de Trotsky « Ni victoire, ni défaite » : « Or, quand on parle d’actes révolutionnaires en temps de guerre contre le gouvernement de son pays, il est indubitable, incontestable, qu’il s’agit non seulement de souhaiter le défaillance de ce gouvernement, mais d’y concourir effectivement. (Un « lecteur perspicace »  verra bien qu’il n’est nullement question de « faire sauter des ponts », d’organiser des mutineries militaires vouées à l’insuccès et, en général, d’aider le gouvernement à écraser les révolutionnaires). (Souligné par moi w. st.).

 

 

Notes de R. Klement

[1] Nous laissons de côté le cas, ou des guerres entre deux pays non-impérialistes ou des guerre civiles sont seulement ou éminemment un combat voilé entre deux impérialismes étrangers - l'Angleterre et l'Amérique dans la guerre du Chaco ; et le cas où la lutte libératrice d'une nation opprimée n'est qu'un pion entre les mains d'un groupe impérialiste et s'incorpore dans un conflit impérialiste général - Serbie 1914-18.

[2] On peut supposer avec certitude que si pendant la guerre les dockers de Marseille déclenchaient une grève qui ne ferait d'exception que pour les fournitures d'armes à l'URSS, fournitures auxquelles la bourgeoisie française porte le moindre intérêt, celle-ci en serait particulièrement fâchée ! De même il serait stupide, par exemple, de ne pas faire paraître, pendant une grève d'imprimeurs, les journaux ouvriers qui sont nécessaire à la lutte gréviste elle-même.


Note

[*] Der enzige Weg" (La seule voie) - journal trotskyste allemand -. La réponse de Trotsky avait été utilisée contre lui par Vereeken.

 

ostirala

Trotsky: « Urriko Iraultzak bere banderan emakumeen emantzipazioa idatzi zuen »


Milizia proletarioa iraultza sobietarrean



Emakumearen egoera Sobietar Batasunean

Trotsky:


Emakumearen egoera da erregimen sozial bat eta estatu-politika bat ebaluatzeko adierazlerik grafikoena eta esanguratsuena. Urriko Iraultzak bere banderan emakumeen emantzipazioa eskribitu zuen, eta historiako legedirik progresistena sortu zuen ezkontzari eta familiari dagokionez. Honek ez du erran nahi, noski, emakume sobietarrarentzat berehalako “bizitza zoriontsua” eskura zegoenik. Emakumeen benetako emantzipazioa pentsaezina da ekonomiaren eta kulturaren hazkunde orokorrik gabe, nukleo familiar ekonomiko burges-txikia deuseztatu gabe, hezkuntzaren eta janariaren prestatze sozializatua sartzen hasi gabe. Bien bitartean, burokrazia, bere sen kontserbadoreari jarraituz, asaldatu egin da “familiaren” desegitearen aitzinean. Goresmen-kantak abesten hasi zen familiaren afarien eta familiaren arropa-garbiketaren omenez, hau da, emakumeak etxean jasaten duen esklabotzaren omenez. Gainera, abortuaren aurkako zigor kriminala berrezarri du, ofizialki emakumea zama-aberearen egoerara itzularaziz. Hortaz, komunismoaren ABC-arekin erabateko kontraesanean, kasta agintariak erregimen klasistaren nukleorik erreakzionario eta ezjakinena berrezarri du: familia burges-txikia, alegia.

Trotsky ; Sobietar gobernuak oraindik jarraitzen al ditu duela 20 urte ezarritako printzipioak? (1938ko urtarrilak 13)



"IWD (International Women's Day) 1917 sparked Russian Revolution 
~
For women's liberation through socialist revolution!
 Spartacist League"
 

Trotsky, proletalgoaren diktaduraren alde



Marxismoaren ikuspuntutik, Estatua klase batek beste klase bat menderatzeko erabiltzen duen aparatu bat da. Proletalgoaren diktadura langileek  aldi baterako beharrezkoa duten instituzio bat da bakarrik, esplotatzaileen erresistentziari aurre egin eta esplotazioa suntsitzea dira bere xedeak. Klaserik gabeko gizarte batean, Estatua, bortxa-aparatu gisa, gradualki zimeldu behar da, ekoizleen eta kontsumitzaileen auto-administrazio askeak ordezkatzen duelarik.
—Trotsky ; Sobietar gobernuak oraindik jarraitzen al ditu duela 20 urte ezarritako printzipioak? (1938ko urtarrilak 13)
 
 
 

 

astelehena

Trotsky: « Inperialismoari aurre egin behar zaio faxismoari aurre egiteko »


 

Bilbo (Bizkaia), 2019ko apirila
Vox-en aurkako mobilizazioan txakurrek antifaxistak erasotu zituzten.

 

Trotskyk Kubako prentsari:
« Inperialismoari aurre egin behar zaio
faxismoari aurre egiteko »


P

olitikan, gauzarik inportanteena eta —nire ustez— zailena, mundu modernoko herrialde guztietan gertatzen den hil ala biziko borrokaren lege orokorrak definitzea da, alde batetik ; eta, bertzetik, herrialde bakoitzarentzako lege horien konbinazio berezia aurkitzea. Gaur egungo gizateria osoa, britainiar langileetatik Etiopiako nomadetaraino, inperialismoaren uztarriaren azpian bizi da. Ezin da hau ahantzi ezta minutu batez. Baina horrek ez du erran nahi inperialismoa modu berdinean agertzen denik herrialde guztietan. Ez. Herrialde batzuk inperialismoa daramate, bertze batzuk haien biktimak dira. Horixe da Estatu eta nazio modernoen oinarrizko banalerroa. Ikuspuntu honetatik, eta soilik aipaturiko ikuspuntutik, hartu behar da kontutan faxismoaren eta demokraziaren auzia, hain konplexua dena.

            Mexikorentzat, adibidez, demokraziak herrialde semi-kolonial batek dependentziatik ihes egiteko gogoa erran nahi du, nekazariei lurra ematea, indiarren maila kulturala igotzea, eta abar. Hitz batez errateko, Mexikoko arazo demokratikoek izaera progresista eta iraultzailea dute. Eta zer erran nahi du demokrazia Britainia Handian? Existitzen dena mantentzea, batez ere metropoliak kolonien gainean duen menperakuntza. Gauza bera Frantzian. Herrialde hauetan demokraziaren banderek ezkutatu nahi dute gutxiengo pribilegiatu batek gehiengo zapaldu baten gainean duen nagusitasun inperialista.

Faxismoa eta inperialismoa

Berebat, ezin dugu faxismoaz hitz egin “orokorrean”. Alemanian, Italian eta Japonian faxismoa eta militarismoa inperialismo gutiziatsu, sabelkoi, eta beraz, erasokor bat da. Latinoamerikako herrialdeetan faxismoa atzerriko inperialismoarekiko dependentziarik makurrenaren isla da. Gai izan behar gara, forma politikoaren azpian, eduki ekonomiko eta soziala aurkitzeko.

            Intelligentsiako zenbait zirkuluren artean entzutetsu bihurtu da “Estatu demokratiko guztien batasuna”ren aldeko ideia, faxismoari aurre egiteko. Nire iritziz ideia hori fantastikoa da, lilurakeria, soilik masei engainatzeko balio du, bereziki herri ahul eta zapalduei. Norbaitek sinetsi dezake benetan, sikiera une batez, Chamberlainek, Daladierrek edo Roosveltek, “demokrazia”ren printzipio abstraktua defenditzeko, gerra bat deklaratzeko gai direnik? Britainiar gobernuak demokrazia horrenbeste maitatuko balu Indiari askatasuna emanen lioke. Gauza bera Frantziaren kasuan. Britainia Handiak nahiago du Francoren diktadura Espainian langileen eta nekazarien aginte politikoa baino, Franco britainiar inperialismoaren agente atsegin eta fidagarriagoa izan daitekeelako. Ingalaterrak eta Frantziak ez zioten aurre egin Hitler-i Austria entregatu ziotenean, baina halabeharrez gerra deklaratuko liokete beraien koloniak ukitzeko ausardia izango balu.

            Ondorioz, ez dago faxismoari aurre egiterik inperialismoari aurre egin gabe. Herrialde kolonial eta semi-kolonialek, lehen-lehenik, euren zapaltzaile zuzena den herrialde inperialistaren aurka borrokatu behar dute, faxismoaren edo demokraziaren mozorroa janzten duen erreparatu gabe.

            Latinoamerikako herrialdeetan, faxismoaren aurka borrokatzeko modurik hoberena, eta seguruena, laborantza-iraultza egitea da. Mexikok urrats inportanteak eman zituenez zentzu honetan, Cedillo jeneralaren altxamendua airean gelditu zen. Aldiz, Espainian, Azañaren gobernuak —eta bere aliatu Stalin-ek— errepublikanoen porrot latzen errua dute, laborantza-iraultza eta langileen mugimendu independentea deuseztatu dituztelako. Herrialde ahul eta semi-kolonialetan, politika sozial kontserbadore batek, eta erreakzionario batek are gehiago, traizioa egiten dio, hitz honen zentzurik zabalenean, independentzia nazionalari.

Stalin — mundu mailako jendarmea

Galdetuko zait nola azaldu daitekeen Urriko Iraultzatik sortutako gobernu sobietar batek mugimendu iraultzailea suntsitzea Espainian. Erantzun erraza du horrek: kasta burokratiko pribilegiatu berri batek, arras kontserbadore, handizale eta tiranikoak soviet-en gainetik jartzea lortu du. Burokrazia honek ez du konfiantzarik masetan eta beldurra die. Klase agintarietara gerturatu nahi du, inperialista “demokratiko”etara bereziki. Stalin-ek, bere fidagarritasuna frogatzeko, poliziaren rola hartzeko prest da mundu mailan. Burokrazia stalinista eta bere agentzia —Komintern-a— herri ahul eta kolonialen independentzia eta aurrerabidearentzat arriskurik handiena dira orain.

            Kuba oso gutxi ezagutzen dut, eta beraz ezin dut zuen aberriari buruzko iritzi independenterik eman. Zuek nik baino hobeki epaitu dezakezue arestian emandako iritziak Kubako egoerari aplikatu ahal zaizkion. Niri dagokidanez, espero dut laster Antilletako Perla bisitatzeko aukera izatea, zuen herria gertuagotik ezagutzeko; herri honi nire agurrik bero eta zintzoenak bidaltzen dizkiot zuen egunkariaren bitartez.

Coyoacan, D.F.

—Lev TROTSKY, iraultzaile boltxebike-leninista; 1938ko irailak 21.
 
Socialist Appeal , New York, 1938-aza.-8
SWP / Socialist Workers Party

 "Communist League of America for the Fourth International".
"...workers republic in Cuba against American intervention -Communist League of America-"
 

igandea

Urriko Iraultza, 1917-2017


Trotsky, Lenin & Kamenev (Sverdlov plaza, Mosku)
G

erra eta iraultza autoritate gehien duten tribunalak dira. Hortxe, gerran eta iraultzan, erabakitzen dira gure garaiaren arazo handi guztiak. 1914ko abuztuan Lehen Mundu Gerra piztu zenean, frogatu egin zen kapitalismoa, sistema ekonomiko eta sozial bezala, bere misio historiko progresista agortua zuela. 1917ko azaroko errusiar iraultzak kapitalisten klasea baino indar gehiago duen klase bat heldutasunera iritsi zela aditzera eman zuen. Proletalgo modernoa, gizarte modernoaren indar progresista, erregimen sozial berri baten iragarlea eta ordezkaria da — klase hori, iraultzak frogatu duen bezala, erasora jo zuen mundu-mailako garaipen batekin bakarrik bukatu daitekeen borroka klasista batean.
1917ko azaroaren 7a. Egun horretan erregimen zahar kapialistaren heriotza-epaia eta sozialismo mundialaren ordena berria aldarrikatu ziren aldi berean. Eta zein-nahi direla proletalgoak azken helburu hori erdiesteko bidean pairatzen dituen gorabeherak, zein-nahi eragozpenak, traizioak edo porrotak; nahiz-eta gizateriak kapitalismotik sozialismora  heltzeko egin behar duen borrokaren norabideak trazatzen duen lerroaren sigi-sagak zorrotzak eta sakonak izan; gertatzen dena gertatzen dela, garapenaren lerroaren hasierako puntua beti izango da gau honetan ospatzen ari garen egun handia — 1917ko azaroaren 7a.
James P. CANNON: “Errusiar iraultza” (1942ko azaroaren 8a)

osteguna

"TESIS SOBRE LA CUESTIÓN NACIONAL", de Marcel Hic [17 eta 18]



La tarea de los revolucionarios es, precisamente, mostrar la solidaridad que existe entre todos los pueblos explotados, soldar enteramente el movimiento nacional de los pueblos coloniales con aquel de los países capitalistas y dar así a la resistencia nacional un contenido verdaderamente antiimperialista y anticapitalista.
 


solo la clase obrera es capaz de proporcionar, a través de la toma del poder y la dictadura del proletariado, una solución progresiva de la crisis a la que el capitalismo precipita a la humanidad; también se debe comprender que el movimiento nacional de las masas es, en el periodo actual, uno de los más eficaces palancas para derrocar el capitalismo.


Indotxinako iraultzaren irudia
TESIS SOBRE
LA CUESTIÓN NACIONAL
(1942)
Marcel Hic
4. Internazionalaren militantea


17.-
 El movimiento nacional tiene, en Europa, un carácter fundamentalmente diferente de aquel nacionalismo reaccionario e imperialista de Londres; es una de las fuerzas fundamentales que preparan y abrigan en Europa una crisis revolucionaria. En el estado actual, la rabia de la pequeña y mediana burguesía se vuelca contra la dominación del capital financiero alemán y de la Gestapo. El movimiento nacional de las masas, lejos de tener raíces estrictamente nacionalistas, se sumerge en una de las contradicciones más decisivas del sistema capitalista en la época imperialista; es sobre todo la manifestación, bajo la forma del nacionalismo, de la radicalización de la pequeña burguesía, una nueva expresión de la revuelta de las clases medias contra el capital financiero.

De otra parte, en ausencia de un partido revolucionario enraizado en las masas hay que organizar un primer eje de reagrupamiento de la clase obrera, política y organizacionalmente dislocada por el hundimiento del aparato de Estado al que las burocracias sindicales y políticas han ligado la suerte del proletariado. El proletariado ha visto a sus organizaciones barridas, a sus representantes perseguidos; la victoria del hitlerismo la ha encontrado políticamente desorganizada y desorientada. También la pequeña burguesía se encuentra precipitada al primer rango de la lucha contra el imperialismo alemán. El desarrollo del movimiento nacional se ha constituido a través de Europa en la primera ola que anuncia el futuro ascenso revolucionario primera ola detrás de la cual se organizan las fuerzas de una nueva ola proletaria. El movimiento obrero es puesto de nuevo en marcha y, bien que sus primero pasos son dados bajo la bandera perimida del nacionalismo, esta nueva partida obrera constituye en sí un hecho enteramente progresivo.

De una manera general, a pesar del carácter reaccionario de las reivindicaciones, el movimiento nacional puede jugar un rol progresivo en la crisis revolucionaria que se prepara, en tanto que lanzará a las masas profundas de la población a la arena política, armándolas prácticamente contra la dominación del imperialismo. La característica de las grandes crisis históricas es, en efecto, la de lanzar a la lucha contra el orden existente a los mismos que participan en la explotación y aquellos que luchan contra el régimen existente, constituyendo los efectivos de la primera ola de la revolución.

La característica de las grandes crisis históricas es que, de hecho, precisamente, ponen en marcha en la lucha en contra del orden existente a los mismos que, recién llegados a la lucha contra el régimen, proporcionan los efectivos de la primera ola de la revolución.

Si, contra el proletariado, a través del movimiento nacional, se pierde la conciencia clara de sus objetivos históricos propios, constituirá un paso atrás, una terrible amenaza para la revolución; falto de un proletariado consciente, la crisis se va a desatar, una vez más, de una manera contrarrevolucionaria; pero es importante tener siempre presente en el espíritu y explicar que solo la clase obrera es capaz de proporcionar, a través de la toma del poder y la dictadura del proletariado, una solución progresiva de la crisis a la que el capitalismo precipita a la humanidad; también se debe comprender que el movimiento nacional de las masas es, en el periodo actual, uno de los más eficaces palancas para derrocar el capitalismo.

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 Precisamente porque es, social y políticamente, una escena pequeñoburguesa, el movimiento nacional puede abrir el camino a la revolución proletaria o a la contrarrevolución imperialista y autoritaria. Depende sobre todo de una táctica justa de la clase obrera para que las clases medias se unan a la bandera del socialismo o la de la reacción capitalista. El fracaso de la vanguardia obrera sería especialmente menos perdonable ya que el equilibrio de fuerzas entre la burguesía, las clases medias y el proletariado, después de tres años de guerra imperialista, evoluciona totalmente a favor del proletariado. Si bien es cierto de un país a otro, dependiendo de su estructura económica y situación geográfica: Bélgica, Holanda, Noruega y más aún Francia, debido a su proximidad del frente anglosaxón, de su dependencia económica con el respeto de los fideicomisos y bancos ingleses, el peso social de su burguesía y el carácter imperialista de su estructura económica, representan el ala derecha reaccionaria del movimiento nacional, donde las posibilidades del triunfo del imperialismo son serias.

Por el contrario, Checoslovaquia, Polonia, Serbia representan el ala izquierda; la debilidad relativa de la burguesía en esos países, la importancia de la cuestión agraria, la proximidad de la URSS, son tanto factores que acentúan el carácter revolucionario del movimiento nacional de esos países. Pero no se debe separar el movimiento nacional de los países del oeste y del este europeos; el trazo esencial de movimiento nacional en Europa, es que está dirigido contra un solo y mismo enemigo, que constituye un todo indisoluble, que la lucha del pueblo checo o polaco por metas revolucionarias será un factor potente de radicalización de la pequeña burguesía en Francia o en Bélgica. De la misma manera, no se puede separar la lucha de las masas de Francia o de Bélgica de la de las masas del Medio Oriente o de India, de aquellas de los pueblos coloniales en general. La tarea de los revolucionarios, es precisamente, mostrar la solidaridad que existe entre todos los pueblos explotados, soldar enteramente el movimiento nacional de los pueblos coloniales con aquel de los países capitalistas y dar así a la resistencia nacional un contenido verdaderamente antiimperialista y anticapitalista.

—Marcel Hic

"Langileek homosexualen eskubide demokratikoak defenditu behar dituzte! Spartacist"